lundi 3 décembre 2018

La solution au problème de pénurie de main-d’œuvre…


La solution au problème de pénurie de main-d’œuvre…

La solution au problème de pénurie de main-d’œuvre…

Source : Réjean Bourdeau, La Presse
·         Québec doit s’attaquer d’urgence à l’enjeu du vieillissement de la population et appuyer davantage les travailleurs plus âgés, plaide l’ex-premier ministre Jean Charest. Voici son plan.

Québec s’est démarqué par ses politiques progressistes pour les familles et pour les femmes.

Il doit maintenant le faire pour les travailleurs plus âgés, dit Jean Charest. L’ex-premier ministre y voit une occasion à saisir.
Mais il faut faire vite.

REPENSER LA SOCIÉTÉ
Il faut repenser la société en fonction du vieillissement de la population, dit Jean Charest. Les statistiques le prouvent.
La moitié des enfants nés aujourd’hui, dans un pays occidental, vivront 100 ans.
Cette situation changera les cycles de vie, de travail et de loisirs.
Sans compter que le nombre de personnes âgées est en constante progression. « Nous avons une population vieillissante, constate-t-il. Il y a plus de gens qui partent à la retraite que de gens qui arrivent sur le marché du travail.
Et la période de retraite s’allonge. » Il faut donc revoir les façons de faire en fonction de ce phénomène.
RENVERSER LA TENDANCE
Les dangers d’une grave pénurie de main-d’œuvre guettent les entreprises. Et l’immigration, à elle seule, ne pourra pas renverser la tendance.
« Il faut absolument que nous puissions trouver une façon de mettre les travailleurs âgés à contribution, dans les conditions qu’ils veulent », dit-il.
Le défi des gouvernements est d’adapter leurs structures aux choix que feront les citoyens, sans les pénaliser.
Le choc démographique est un des grands vecteurs de changement et on doit en tenir compte dès maintenant dans les politiques publiques, pense M. Charest.
L'URGENCE D'AGIR VITE
Associé au cabinet d’avocats McCarthy Tétrault, il aborde souvent l’impact du vieillissement des populations lors de ses conférences internationales.
Ce sujet, aux enjeux multiples, l’a toujours intéressé. Quand il était premier ministre du Québec, il a d’ailleurs instauré des mesures pour les travailleurs de 55 ans et plus.
Et il pense que le sujet doit revenir à l’ordre du jour. « C’est plus urgent qu’on pense », dit-il. Il est temps, à son avis, d’en faire une politique globale.
« Le dernier gouvernement s’est concentré sur l’équilibre budgétaire, dit-il. Le nouveau devrait réactiver ce dossier étant donné son importance économique et sociale. »
ENVOYER UN SIGNAL

L’État doit jouer un rôle de leadership important, pense M. Charest. « Il doit envoyer un signal pour éclairer les entreprises et les seconder en termes de fiscalité et d’incitatifs », propose-t-il. Pour l’instant, les entreprises ne sont pas très conscientisées à la question des travailleurs plus âgés. « Les PME ne sont pas réactives, car elles sont totalement absorbées par le travail qu’elles doivent faire chaque jour pour survivre », dit-il. D’où l’importance de les appuyer dans la transition. Une politique globale intégrerait, par exemple, les concepts de retraite progressive, d’horaires flexibles et de crédits d’impôt.
LE QUÉBEC À L’AVANT-GARDE

Jean Charest estime que c’est un « beau programme » pour le gouvernement et pour la société québécoise. « C’est le genre de dossier dans lequel les Québécois sont très bons, dit-il.
Avec les politiques progressistes pour les familles et pour les femmes, on a fait la preuve qu’on était à l’avant-garde dans le monde. »
Ailleurs, dans certains pays, comme l’Allemagne, on commence à mettre en place des mesures pour les travailleurs âgés.
« Mais ça se fait à des degrés variables, selon les États, dit-il. Comme laboratoire, le Québec est parmi les plus aptes à poser des gestes pour réussir le virage vers ce nouveau type de société. »
L’IMPACT POUR LA SOCIÉTÉ

Les coûts d’une telle politique n’ont pas été évalués. « Mais tout ce qu’il est possible de faire pour permettre aux gens de rester actifs, de contribuer et de travailler signifie qu’ils vont payer des impôts et continuer de consommer, dit M. Charest.
Ça paraît évident qu’il y a un bénéfice net pour la société comme pour l’État. » De plus, ajoute-t-il, les gens seront en meilleure forme et ils garderont un réseau de contacts qui les stimulera intellectuellement.
« Ils seront moins en demande pour les soins de santé et les services sociaux, dit-il. Ils seront plus heureux. Et on vivra dans une société plus productive. »
UNE OCCASION UNIQUE

Selon lui, nous aurons l’occasion, dans les prochaines années, « de prendre cet enjeu-là à bras le corps » et de repenser notre façon de faire. En réorganisant la société pour élargir le spectre des jeunes familles avec enfants jusqu’aux personnes plus âgées, dit-il, nous aurons une société encore plus inclusive.
« Si on le fait, les Québécois seront les grands gagnants, ajoute-t-il. On vivra dans une société qui fonctionnera mieux économiquement, qui sera plus rentable et qui, surtout, sera beaucoup plus agréable qu’une société qui fait bêtement des choix en fonction d’un ancien modèle. »
10 MESURES POUR INCITER LES TRAVAILLEURS PLUS AGÉS

À quoi ressembleraient les mesures pour garder des personnes plus âgées sur le marché du travail ?

Jean Charest nous présente ses 10 propositions pour réussir cet important chantier.
·       FAVORISER UNE RETRAITE PROGRESSIVE

On doit encourager la retraite progressive. Le temps d’une retraite automatique et programmée à un âge précis est dépassé.
Ce n’est plus compatible avec nos vies, ni avec les besoins du marché du travail, ni avec ce que souhaitent les gens.
On vit de plus en plus longtemps. On est en meilleure forme. La société doit en tenir compte. Et elle doit évoluer en ce sens.
·       PERMETTRE LA FLEXIBILITÉ DE L’EMPLOI

Le travail à temps partiel est un élément clé. Lorsqu’ils arrivent à un certain âge, plusieurs travailleurs veulent un horaire adapté et flexible.
Plutôt que de travailler cinq jours par semaine, on souhaite faire quatre jours. Ou même trois. Pourquoi pas ?
Mais dans le système actuel, il n’y a souvent qu’une option : travailler cinq jours ou prendre sa retraite…
·       ADAPTER LE MILIEU DE TRAVAIL

Les travailleurs plus âgés seront davantage attirés par un marché du travail qui reconnaît qu’ils ont physiquement plus de besoins, et de limitations, que les plus jeunes.
Il faut donc faire un effort pour s’assurer qu’on adapte le milieu de travail sur le plan ergonomique.
Cette mesure s’applique pour tous les secteurs, mais peut-être plus dans les milieux industriels.
·       ENCOURAGER LE MENTORAT

Le concept de mentorat doit se faire « aller-retour ». Les travailleurs de 55 ans et plus sont en mesure de léguer leur savoir-faire et leur expérience aux plus jeunes.
Mais, par ailleurs, ils doivent aussi être assistés et guidés dans les technologies, les innovations et les façons de faire des nouveaux emplois. De cette façon, ils seront en mesure de réussir la transition.
·       OFFRIR DE LA FORMATION CONTINUE

La formation continue est nécessaire pour tout le monde, pendant toute notre vie. Mais il faut faire un effort concerté pour les travailleurs plus âgés.
En plus du mentorat, on doit les aider à progresser et à répondre aux besoins du marché. Il peut s’agir d’apprentissage en milieu de travail.
Ou des formations réalisées par des professeurs ou des consultants externes.
·       RÉDUIRE LES PÉNALITÉS

Les personnes de 65 ans et plus, donc admissibles à la pension, ne doivent pas être pénalisées parce qu’elles occupent un emploi à temps partiel.
Le crédit d’impôt actuel pour les travailleurs d’expérience abaisse l’âge d’admissibilité à 64 ans et hausse le revenu admissible à 6000 $.
On peut faire mieux. Par ailleurs, il faut bonifier le soutien salarial à l’embauche des travailleurs de 55 ans et plus.
·       RENFORCER LES MESURES INCITATIVES

Il faut renforcer les mesures incitatives pour ceux qui décident de reporter l’âge auquel ils accèdent au Régime des rentes du Québec (RRQ).
Dans ce cas, plus ils retardent, plus la hausse de revenu, à la retraite, sera importante. L’impact doit être réel et substantiel.
·      AJUSTER LES RÉGIMES DE RETRAITE

Il ne faut pas craindre de reporter l’âge de la retraite. Le gouvernement Trudeau a pris une mauvaise décision en revenant sur la décision du gouvernement Harper de faire une transition de 65 ans à 67 ans.
Tous les indicateurs nous amènent à ce type de changement.
Ce n’est peut-être pas populaire, mais, dans les faits, l’adaptation se ferait de façon très graduelle.
·      CONCEVOIR DES SYSTÈMES DE RETRAITE FLEXIBLES

Il faut encourager les travailleurs à contribuer à leur régime de retraite.
De plus, pour faciliter le transfert du régime d’un employeur à l’autre quand on change d’emploi, il faut un système flexible.
La mise en place du Régime volontaire d’épargne-retraite (RVER) est une réponse à cet enjeu.
Mais il est possible d’ajouter d’autres mesures.
·       CONTRIBUER AUX RETRAITES

Cette mesure a un effet plus indirect par rapport aux travailleurs âgés.
Mais elle permettrait aux gens de mieux planifier leur retraite.
Actuellement, les femmes et les hommes qui s’absentent du marché du travail après la naissance d’un enfant arrêtent de contribuer à leur régime de retraite.
Pour les aider, l’État prendrait la relève en contribuant aux régimes.

LIBERTÉ 55, NOUVELLE VERSION
Il y a des années, un populaire slogan projetait le rêve d’une retraite dorée, accessible dès la mi- cinquantaine.

Aujourd’hui, le vieillissement de la population change la donne. Et Liberté 55 pourrait signifier le choix de travailler un peu plus longtemps. Coup d’œil aux statistiques.
·       En 2020, le Québec comptera 1,7 million de personnes de 65 ans et plus, soit trois fois plus qu’en 1980 (550 000).
3,8 %
·       La population en âge de travailler au Québec aura diminué de 3,8 % entre 2013 et 2030, comparativement à une hausse de 5,5 % au Canada et de 9,6 % en Ontario.
UNE PREMIÈRE
En 2015, pour la première fois au Canada, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus (5,78 millions) a dépassé celui des enfants âgés de 14 ans et moins (5,75 millions).
G8 : En 2011, selon l’OCDE, le nombre de travailleurs âgés de 55 ans et plus était de;
·       12,6 % en Russie ;
·       13,7 % en France ;
·       14,1 % en Italie ;
·       17,4 % au Royaume-Uni ;
·       17,9 % en Allemagne ;
·       18,7 % au Canada ;
·       20,7 % aux États-Unis et
·       27,1 % au Japon.
(Source : Statistique Canada)





samedi 1 décembre 2018



L'impact du nouvel accord commercial USMCA sur le marché automobile Canadien

 Source : Auto Remarketing
Le président Trump visiblement très heureux a finalement signé vendredi le nouvel accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA) un pacte qui a remplacé l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).
Un trio d'experts de Cox Automotive a partagé une évaluation optimiste des actions qui pourraient éventuellement se répercuter sur les enchères et les concessions automobile alors que les véhicules neufs deviendront des véhicules d'occasion.
"USMCA est l'accord commercial le plus important, le plus moderne et le plus équilibré de l'histoire", a déclaré Trump lors de la cérémonie de signature à Buenos Aires, en Argentine.

«Tous nos pays en bénéficieront grandement. C'est probablement le plus important accord commercial jamais conclu.

«Aux États-Unis, le nouveau pacte commercial soutiendra des emplois bien rémunérés dans le secteur manufacturier et favorisera un meilleur accès des exportations américaines à l’ensemble des secteurs, notamment les secteurs de l’agriculture, de la fabrication et des services», a-t-il poursuivi.
Trump a ensuite précisé l'impact potentiel sur le marché de l’automobile.
«En vertu de l'USMCA, au moins 75% du contenu de nos automobiles doivent être fabriqués en Amérique du Nord et 40 à 45% de leur contenu doit être fabriqué par une main-d'œuvre nord-américaine à salaire élevé, afin d'obtenir un accès préférentiel à nos marchés», Trump a dit.
«Cela permettra d’empêcher les emplois automobiles d’aller à l’étranger et de rapatrier des emplois automobiles qui ont déjà quittés le pays», a-t-il poursuivi. 
«Beaucoup d’emplois prévoient déjà de revenir. De nombreuses entreprises reviennent et nous sommes très heureux de cela. "
Après que Trump eut fait part de ses remarques, Cox Automotive a diffusé l'évaluation de trois de ses experts qui ont assisté au développement de l'USMCA. 
L’analyse a commencé avec Jonathan Smoke, économiste en chef chez Cox Automotive.
«Près du quart des véhicules neufs vendus aux États-Unis sont assemblés au Mexique ou au Canada. 
Et compte tenu des décennies d'évolution de la chaîne d'approvisionnement fondée sur l'ALENA, une partie importante des véhicules assemblés aux États-Unis dépendent de composants provenant du Mexique et du Canada », a déclaré M. Smoke.
"Avec des ajustements des coûts de la main-d'œuvre et des règles de contenu, les coûts - et donc les prix - vont probablement augmenter à mesure que cet accord deviendra loi", a-t-il poursuivi.
Smoke a repéré des turbulences potentielles avec ce nouvel accord.
«Le dernier élément qui reste ici est la Section 232, qui non seulement s’appliquerait aux quelque 23% de véhicules importés aux États-Unis en provenance de l’extérieur de l’Amérique du Nord, mais servirait également de base à la pénalité pour tout véhicule ne respectant pas le nouveau USMCA contenu règles », a déclaré Smoke.
«C’est l’une des deux raisons pour lesquelles nous pensons que le président Trump poursuivra ses efforts sur la section 232, l’autre raison étant de faire pression sur la Chine, l’Europe et le Japon afin qu’ils passent de meilleurs accords», a-t-il poursuivi.
«L’USMCA n’entraînera pas de changements majeurs dans la chaîne de production et d’approvisionnement existante de l’industrie, et c’est une bonne chose», a poursuivi M. Smoke. 
«Mais cela empêchera à l’avenir des déplacements importants de l’Amérique du Nord et des États-Unis en raison de l’ajout de règles et du potentiel d’une pénalité plus élevée en vertu de l’article 232.»
 Charlie Chesbrough, économiste principal de Cox Automotive, a également ajouté son point de vue, qualifiant les développements de vendredi de «nouvelle avancée importante dans ce processus».
M. Chesbrough a poursuivi en déclarant: "Bien que l'approbation législative formelle par les trois pays soit toujours nécessaire et que rien ne soit garanti depuis quelque temps.
Une fois approuvé, ce sera une bonne nouvelle pour le secteur automobile en tant qu'approvisionnement stratégique à long terme et planification de la fabrication dans la région peut enfin reprendre.
"Cependant, avec les tarifs de l'acier et de l'aluminium toujours en vigueur, les problèmes commerciaux ont toujours un effet négatif sur la rentabilité des constructeurs automobiles", a ajouté Chesbrough.
Enfin, Michelle Krebs, analyste chez Autotrader, a présenté son commentaire USMCA à la lumière de ce qui a également été révélé par General Motors et Ford. GM a annoncé la fermeture de cinq usines aux États-Unis et au Canada qui construiraient principalement des berlines, tandis que Ford indiquait qu'il transférerait environ 90% de sa gamme de véhicules nord-américains à des VUS, des camionnettes et des véhicules utilitaires d'ici la fin de 2020. .
«La bonne nouvelle pour le secteur de l'automobile est que des progrès sont en cours, avec un horizon à long terme de 16 ans. Bien que nous ne sachions pas exactement jusqu'à ce que le pacte reçoive l'approbation législative, le nouvel accord semble en grande partie soutenir le statu quo et n'imposera aucun changement substantiel dans l'empreinte manufacturière établie en Amérique du Nord », a déclaré Krebs.
«Compte tenu des annonces faites cette semaine par General Motors et Ford, il est clair que les principaux constructeurs automobiles américains sont toujours aux prises avec des problèmes de production et de capacité. Ce nouvel accord ne changera pas ce fait », a-t-elle ajouté.
Compte tenu des nouvelles réglementations de l'accord USMCA sur le pourcentage de contenu fabriqué aux U.S.A. et en Amérique du nord il est normal de s'interroger sur l'avenir du commerce et de l'import / export des véhicules d'occasion entre le Canada et les États-Unis, c'est à suivre...